Ce week-end des 10 et 11 avril 2011 illustre bien chacun des objectifs de notre association: les sentiers, le patrimoine et la nature
Acte 1 - La nature "apprivoisée"
Le greffage des pommiers, une histoire de passionnés . . .
Le 10 avril dans l'après-midi, chez Maxime et Barbara, à la Stavaudière, nous
étions deux groupes de quatre à suivre attentivement les conseils de Pierre,
membre de l'association "Les mordus de la pomme".
Par un temps froid à nous geler les mains, il s'agissait de
réaliser des greffes de pommiers sur des porte-greffes que Maxime avait plantés
il y a deux hivers.
Après une démonstration complète par Pierre d'un
greffage, chacun a eu son arbre pour effectuer un greffage: étêtage du
porte-greffe, préparation des greffons, réalisation d'une fente sur le
porte-greffe pour recevoir le greffon, insertion du greffon (cambium contre
cambium, le plus important), enserrement "porte-greffe et greffon"
avec du raphia, pose du mastic et enfin, fixation du "perchoir à
oiseaux" pour éviter que ceux-ci ne viennent détériorer les greffons
nouvellement posés (voir fiche technique ci-dessous).
Dés la fin du printemps, les greffons donneront naissance à
de nouveaux rameaux.
Merci à Maxime et Barbara pour leur accueil et à Pierre pour
ses conseils!
Site
internet "Les mordus de la pomme": possibilité d'achat de
porte-greffes et de greffons, et d'abonnement au magasine trimestriel
"Bulletin des mordus" : https://www.mordusdelapomme.fr/spip.php?article10
Fiche technique du
greffage en fente rédigée par Michel, Maxime et Pierre
Le greffage en fente se réalise en sève montante.
Lorsque le tronc
dépasse 4-5 cm
de diamètre, on passe au greffage en couronne.
Cette méthode permet de choisir les variétés de pommes en
fonction de son utilisation
Maxime, sur les conseils de Pierre et de Morgan de la
cidrerie Coat Albret, a choisi les variétés Marie Ménard, Doux Oignon, Bédange
et Damelot pour les pommes à cidre et la Reinette d’Armorique (variété tardive) en pomme
de table.
Matériel
1 scie japonaise, un bon couteau, un
marteau, raphia, gros scotch et mastic.
Procédé
Des greffons de variétés choisies,
stockés depuis quelques mois à 1°, c’est-à-dire enterrés au nord ou mis au
frigo (repos
végétatif). Il peut y avoir des ratés si les greffons sont trop petits par ex.
Des portes greffes d’environ 3 ans
achetés chez Coat Albret (qui avait écussonné en sève descendante) et plantés
il y a 1 an ½.
Le porte greffe est coupé à la
hauteur choisie (1,60), bien nettoyé au couteau, puis entaillé au milieu sur 3 cm.
Deux bouts de greffon de l’année, 6-10 cm, biseautés sur 2 cm, avec 2-3 yeux vigoureux
et propres.
Les bouts biseautés sont insérés
dans la fente, au niveau du cambium (fine couche verte, zone génératrice entre
le bois et l’écorce qui assure la soudure entre les 2 corps), 1 œil tourné vers
l’extérieur, c’est la future branche.
Puis plusieurs tours de raphia
ficelle pour serrer l’ensemble, ensuite bien enduire avec du mastic à
cicatriser, l’entaille et le bout des greffons, afin d’éviter le pourrissement
et les maladies comme le chancre.
Enfin on fixe avec du gros scotch un bout de branche
dominant les greffons afin de les protéger des oiseaux.
Photos: Solène et Bernard
Acte 2 - Les sentiers et la nature sauvage
Ce dimanche 11 avril 2021, une rando
riche en découvertes
"On y va ? On n’y va pas ?...
On y va ! Et on a bien fait !
Malgré un temps froid et incertain,
c’est une petite vingtaine de courageux marcheurs qui se sont élancés, en début
d’après-midi, pour une randonnée entre Saint Pern et Plouasne: la coulée verte.
Du fait, entre autres, des dernières
pluies, les chemins sont parfois bien accidentés. Mais qu’à cela ne tienne,
rien ne nous arrête ! Ornières, flaques, branchages : tout obstacle est
allègrement franchi !
Arrivés près de l’étang de la Boulaie, nous empruntons
un petit chemin en sous-bois dans une superbe vallée.
Nous y découvrons un joli tapis de Lathrées
clandestines aux fleurs d'un violet éclatant.
Ces plantes sont des plantes parasites sans chlorophylle, vivant dans des sites très humides et qui se nourrissent en s'accrochant à la racine des arbres (saules, peupliers, aulnes, noisetiers).
Par leur mode de parasitisme, elles sont proches des Orobanches, également très communes dans nos régions. Voir le lien: https://www.zoom-nature.fr/la-clandestine-cache-bien-son-jeu/
Un peu plus loin c’est une cascade et de belles fougères qui
retient notre attention. Les scolopendres avec leur fronde allongée en ruban, également appelées "Langues de cerf", se développent en touffes. Comme la grande majorité des fougères, elles vivent dans des endroits très humides. Voir le lien: https://fr.wikipedia.org/wiki/Scolopendre_(foug%C3%A8re)
Nous rejoignons la voie verte en
direction de Plouasne, et après une petite pause au pied de l’ancienne gare
nous traversons le bourg pour rejoindre un chemin creux (bien pentu!), appelé
le chemin des sorcières.
Et nous voilà sur le chemin du
retour. Nous reprenons un dernier chemin creux pour arriver, sous le soleil, au
cimetière de Saint Pern.
Fin de la randonnée, chacun reprend
le chemin de sa maison pour un repos bien mérité !
Rendez vous dans un mois pour une
prochaine randonnée concoctée par nos trois gentils organisateurs : merci
Brigitte, Bertrand et Sylviane !"
Texte rédigé par Nathalie et Élisabeth et photos prises par
Jean-Claude
Acte 3 - Le patrimoine
Une découverte inattendue: une lame en silex du
néolithique à St-Pern
Si Voltaire, dans son roman philosophique de Candide, nous
invitait à cultiver notre jardin, c’est, le pensait-il, autant pour en tirer
les fruits de la terre que d’une sage réflexion. Il est parfois des fruits de
la terre auxquels l’on ne s’attend guère. Des objets refont ainsi surface après
quelques temps passés enfouis, volontairement (trésors monétaires) ou bien
souvent involontairement (objets divers perdus ou jetés après usage). Ils sont
alors les marqueurs de l’activité humaine et témoignent des civilisations
passées.
C’est ainsi qu’en préparant un
modeste carré de jardin pour les cultures à venir, nous est venu en main une
pierre de forme et de couleur inhabituelle à notre région. Il s’agit d’un silex
blond, de 5,3 cm de long pour 1,5 cm de large au plus.
Quelques recherches plus tard sur internet, une partie de
son histoire nous est dévoilée. Il s’agit donc probablement d’une lame de silex
issu des ateliers de taille du Grand Pressigny, dans l’Indre et Loire, actifs
de 2450 à 3000 environ avant JC. Ces ateliers ont véritablement "inondé" la France
et au-delà, de leurs productions.Les travaux universitaires ont
attesté la présence de ces lames jusque dans l’est de la France, en Suisse occidentale,
et le nord-ouest de l’Europe. L’ancienne
Armorique n’a pas été en reste dans la découverte de ces petits objets,
utilitaires ou de parure pour les plus grands.

Ces objets ont été utilisés à
l’époque du néolithique, par une civilisation sédentaire pratiquant
l’agriculture et l’élevage, polissant la pierre et maîtrisant les techniques de
la céramique. Ces lames étaient obtenues par une frappe particulièrement
technique sur les nucléus de silex (appelées localement "livres de beurre"
par la forme obtenue après la taille).Leur production à grande échelle a essentiellement été destinée à la création
de poignards. Ils ont été principalement utilisés comme couteaux à moissonner
(ancêtre de la faucille), mais aussi pour la découpe de la viande. Ravivés, ils
étaient recyclés en grattoir ou briquets. Les plus grandes de ces lames, qui
pouvaient exceptionnellement atteindre 30 à 40 cm, étaient utilisées
comme éléments de parure et de prestige. Elles pouvaient alors accompagner les
sépultures des personnes de rang social élevé.
Il est donc émouvant de tomber ainsi modestement sur ce
fragile objet, témoignage de ces premiers paysans, qui nous ont précédé il y a
près de 5000 ans sur notre commune.
Texte et photos proposés par Patrick